“Ce que nous voulons pour la Vienne !”
Il n’est pas tout simple, dans ces périodes difficiles, d’administrer des territoires soumis aux aléas de l’économie internationale et aux profondes mutations institutionnelles que nous prépare l’Etat. Devons-nous pour autant subir la situation et attendre les mauvais coups en espérant passer à travers les gouttes ? Ce n’est décidément pas la conviction des élus du groupe Initiatives & Progrès, qui prônent une vision responsable, résolument tournée vers l’avenir pour la Vienne et ses habitants. Entretien…
A la veille des discussions sur le budget 2010 du Conseil général, comment analysez-vous la situation politique, économique et institutionnelle de la Vienne ?
Denis BRUNET : Nous traversons incontestablement une période délicate, mais nous avons du mal à accompagner l’attitude de renoncement des uns et des autres, qui consiste bien souvent à accuser l’Etat, l’Europe et consorts de tous nos maux. Certes, la Vienne doit assumer des mutations profondes pour nos territoires. N’est-ce pas le moment de se mobiliser et de se rassembler ? Nous l’avons proposé à Claude Bertaud. Il ne tient qu’à lui d’obtenir une majorité en convaincant les réticences qui continuent à se manifester autour de lui.
Bernard DOURY : Que voulons-nous pour la Vienne ? C’est la grande question ! S’il s’agit simplement de gérer l’inéluctable à venir, nous n’en serons pas. Depuis bientôt deux ans, nous réclamons une vision et des objectifs clairs pour notre département. Un projet politique et des méthodes modernes pour l’appliquer. Les résistances à faire ne nous arrêterons pas. Encore faudrait-il que nous soyons entendus et pas simplement considérés comme de simples bulletins de vote destinés à entériner des décisions prises sans nous.
Francis GIRAULT : Territoire de projet sous l’impulsion de René Monory, la Vienne vit sur un héritage qu’elle n’a pas le droit de dilapider. Aujourd’hui, les politiques départementales ne sont pas toujours caractérisées par leur pertinence, leur pragmatisme et leur cohésion entre elles. Où sont les feuilles de route ? Quels sont les objectifs définis en vue de préparer notre département aux échéances qui l’attendent ? En dépit de nos questionnements et de nos propositions, la minorité exécutive peine à imaginer des solutions constructives et surtout à les mettre en œuvre concrètement. C’est fort dommage.

Cette situation de blocage politique n’est pas faite pour vous faciliter la tâche. Quel sera votre positionnement à l’heure de voter le budget 2010 ?
Bernard DOURY : Nous serons vigilants. Voilà bien longtemps que nous avons le sentiment de prêcher dans le désert. Tout ce temps est perdu d’abord pour la Vienne. Nous avons posé des questions précises à l’exécutif départemental concernant l’orientation de ses politiques sociales, environnementales et en faveur du développement économique. Nous attendons désormais des réponses précises. Claude Bertaud a été élu par nos voix, il doit tenir compte de nos convictions à moins de considérer qu’il peut se passer de notre appui.
Francis GIRAULT : Nous sommes des pragmatiques. Dès avant le débat sur les orientations budgétaires, notre groupe a exposé au Président et à la minorité exécutive une stratégie financière et fiscale. Les efforts qui en découlent ne sont ni irréalistes ni démagogiques. Ils consistent à prendre en compte la réalité économique de nos concitoyens –c’est à dire le poids bien réel de la fiscalité qu’ils supportent– et à leur proposer un vrai projet de développement pour le département. De nombreux signaux s’allument aujourd’hui pour nous dire que cette voie est la bonne et que le temps des choix difficiles est venu. Les mesures tièdes et de compromis ne font que reculer les échéances. C’est en faisant des choix courageux que nous préparons véritablement l’avenir.
Denis BRUNET : Nous sommes prêts à apporter le courage et la détermination politique dont l’exécutif départemental a essentiellement besoin. Ce n’est pas nouveau mais d’autant plus nécessaire que la conjoncture a changé. Nous le redisons avec persévérance et conviction : notre main reste tendue vers Claude Bertaud s’il consent à nous écouter et à exercer son autorité pour engager, enfin, la Vienne dans le changement. La balle est incontestablement dans son camp.






