De moins en moins convaincus…
de plus en plus vigilants !
Le compte n’y est pas. Après une semaine de discussions budgétaires tendues, marquée par l’improvisation et l’approximation sur des dossiers lourds, Initiatives & Progrès s’est clairement démarqué d’un exécutif dont la seule bonne volonté apparaît insuffisante face aux enjeux. Nos observations soulignées et régulières sur un certain nombre d’opérations mal ficelées n’y auront rien fait. A l’heure de voter le budget 2010, il nous a fallu être responsables pour deux et notre main est restée tendue. Récit et explications d’un nouvel acte manqué.
“C’est un budget flou et mou, que nous votons à contre-coeur” a signifié Francis Girault au nom du groupe.
Flou, car les chiffres indiqués lors des Orientations Budgétaires et les discussions qui ont suivi pendant la session elle-même ont singulièrement manqué de transparence et montré le superficiel de la préparation. Les données présentées n’ont pas permis, au demeurant, de dégager une vision et un engagement clairs pour la Vienne et ses habitants. A notre sens, ce budget comporte d’un côté bien trop de dossiers incertains et de dépenses imprévues alors que, de l’autre, les prélèvements fiscaux qui augmentent de 3.2%, quoi qu’en dit l’exécutif, sont bien certains pour le contribuable.
Mou, car il ne répond que superficiellement aux trois impératifs exprimés par Initiatives & Progrès, à savoir : modération fiscale pour les ménages, soutien de l’investissement créateur d’emplois et réduction du train de vie du département. Nous demandions un peu plus que du symbole, notamment sur le dernier point. Nous restons sur notre faim et déplorons de ne trouver aucun projet nouveau dans ce BP 2010.
Dans ces conditions, le groupe a solennellement demandé au Président et à son exécutif d’éclaircir la situation dés le début de 2010 sur trois sujets qu’il juge essentiels :
- Quel est le coût financier et opérationnel de la réorganisation des services du département, sensée améliorer l’efficacité et dégager des économies de fonctionnement ?
- Quel est le bilan financier en investissement et fonctionnement de la nouvelle aile du Conseil général, bilan qui est promis depuis maintenant un an ?
- Quel contrôle des effectifs du département, dont la masse salariale augmente de 9% de budget à budget en 2010 ?
Une satisfaction…
Pour la deuxième année consécutive, Initiatives & Progrès aura amené la minorité exécutive à modérer la pression fiscale sur les ménages. De 4,2% initialement prévu, le taux d’augmentation des impôts sur les ménages a été ramené à 3,2 % pour 2010.
Malgré cela, qui peut se targuer d’avoir connu une augmentation de ses revenus de 3,2% en 2009 ? C’est donc un prélèvement sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens que le département va encore opérer cette année.
D’où notre vigilance à demander que chaque dépense soit pleinement nécessaire et justifiée.

MTA et la Cité des Savoirs : les décisions que n’a pas su prendre la minorité exécutive…
Symboles de ce manque de vision chronique, le Pôle MTA et la Cité des Savoirs n’ont pas résisté au devoir d’exigence que nous avions fixé de longue date. En dépit de nos alertes régulières et de celles de la gauche, la minorité exécutive n’a pas su donner de sens à son engagement sur ces deux dossiers. Claude Bertaud n’a pas davantage été en mesure, lors de la session, de nous rassurer sur leur sort.
Aucun résultat tangible, aucun bilan clair, aucune perspective échafaudée depuis un an… “Bonne volonté ne signifie pas manque d’exigence” a indiqué Francis Girault au nom du groupe, qui a voté contre la poursuite de ces deux aventures coûteuses et sans lendemain visible pour la Vienne.
D’autres dossiers ont encore alerté Initiatives & Progrès lors de cette semaine de discussion budgétaire décidément compliquée pour l’exécutif. Insatisfait du compte rendu d’activité, le groupe s’est notamment abstenu sur le renouvellement du contrat pour l’animation du bureau de représentation de la Vienne à Shenzhen (Chine). Il a voté contre un important programme d’investissement au centre de plein air de Lathus, impressionné par le montant inhabituel de la subvention consentie à cette association pour un projet dont la présentation est apparue particulièrement lacunaire. Pourquoi un tel enthousiasme de l’exécutif sur ce dossier, discuté même dans les rangs de l’opposition de gauche ?
La main reste tendue…
En revanche, malgré l’impréparation et les approximations de présentation d’un dossier qualifié de stratégique, le groupe a néanmoins voté l’augmentation des crédits que le département alloue à l’aéroport de Biard, en délicatesse avec Ryan Air.
Cette compagnie réclame en effet en 2010, 850.000 euros à chacun des trois partenaires de l’aéroport (Département, CAP, CCI) pour poursuivre l’exploitation de ses lignes entre Poitiers et l’Angleterre et y ajouter une liaison Poitiers-Barcelone. Soit une augmentation pour chaque partenaire de 350.000 euros de la facture 2009. Si la CCI a déjà accepté le nouveau deal, la Communauté d’agglomérations de Poitiers a fait savoir qu’elle n’entendait pas apporter son écot. Elle prend ainsi le risque de provoquer l’arrêt des vols sur Londres.
Pour sa part, Initiatives & Progrès a demandé que cette année soit l’occasion de mettre à plat ce dossier sur lequel beaucoup a été dit sans analyse véritablement approfondie.
Les propos de notre groupe, sans concession lors de cette session budgétaire, ont apparemment surpris la minorité exécutive.
Initiatives & Progrès avait proposé à celle-ci, en septembre dernier, de reconstruire une majorité en bâtissant ensemble le budget 2010. Cette offre a été repoussée. Qu’attendait l’exécutif dans la situation qu’il a lui-même créée ?
Entre les commentaires lucides et fermes qui ont accompagné notre vote positif du budget et les propos lénifiants –évidemment plus agréables à entendre– de l’opposition de gauche qui les a conclus par un vote négatif, la minorité exécutive devra faire son choix pour l’avenir.
Malgré les rebuffades, notre main reste tendue et nous entendons continuer, dans ces moments où se joue l’avenir des départements, à être responsables pour deux.






